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Situation de Gemalto: nos dirigeants nous mentent

Avec 450 M€ de profits prévus pour fin 2017, équivalents aux profits de 2016, il est difficile de croire que Gemalto va mal. Pourtant nos dirigeants communiquent le contraire en invoquant comme raison un marché qui évolue.

C’est pourtant le lot commun de la plupart des grandes entreprises et on mesure justement la qualité des dirigeants sur leur capacité à s’y adapter avec une vision long terme.

Il ne faut pas oublier que jusqu’en septembre 2016, Gemalto assurait encore tenir 660M€ de profits fin 2017. Nous sommes ensuite passés à 520M€ puis à 450M€.

Tout le monde, y compris les analystes boursiers, savaient que les 660M€ étaient irréalisables, mais la mégalomanie de notre ancien CEO et le manque de recul de la nouvelle équipe nous ont conduit à deux profit warnings.

Gemalto se contente maintenant pour rassurer ses actionnaires de parler de plan de transition avec 50M€ d’économies.

Lorsque nous demandons du détail en CCE, la direction nous cite la liste des mesures sociales déjà prises représentant 20M€, avec des fermetures et réductions d’effectifs à l’étranger (471 licenciements) : Shanghai, Jacksonville, Montgomeryville (US), Monaco, Unterenfleden (Suisse)

Pour les 30M€ restants, la direction nous cite quelques axes comme

  • Poursuite en France des ruptures conventionnelles pour les personnes proches de la retraite principalement
  • Réduction des coûts d’achat des matières (pour 7M€).
  • Interdiction de recrutement, et redéploiement des ressources.
  • Réallocation des ressources sur les activités en croissance
  • Arrêts des efforts R&D et de marketing sur certains produits
  • Annulation de la plupart des formations

Mais la direction refuse de communiquer sur la décomposition exacte des 30M€ restants.

Le chiffre total de 50M€ ne sort pourtant pas du chapeau et le refus de communiquer sur l’ensemble des dispositions prévues nous apparait comme très préoccupant d’autant plus que la direction n’exclue pas l’absence de conséquences sociales en France.

La réalité est que Gemalto continue à faire énormément de profits et achète de belles sociétés pour sa croissance.

Nous sommes certes en phase de transition et c’est justement le moment de mettre les moyens nécessaires en formation et R&D.

Nous nous opposons à ces mesures qui vont couper notre évolution indispensable, mesures qui sont d’autant plus insupportables quand nos dirigeants continuent à s’octroyer des millions d’euros à titre personnel en toute impunité tout en nous racontant que tout va mal.

Face à cette situation et aux forts sous-entendus d’impacts sociaux en France, le CCE avec ses élus CFE-CGC a voté un droit d’alerte économique qui permet d’accéder à une expertise indépendante sur la situation de l’entreprise

Cette expertise aura toute sa valeur au Tribunal si Gemalto voulait invoquer une raison économique pour un plan de licenciements en France.