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Plan de rigueur à Gemalto: pas pour ses dirigeants. 500 000€ pour une réunion

Les 300M€ de profit prévus fin 2017 montrent bien que Gemalto ne va pas aussi mal que ça. Nous sommes vraiment très loin d’être en cessation de paiement. Notre CEO Philippe Vallée semble d’ailleurs s’en réjouir en encaissant plus de 300 000 € sur une vente d’actions il y a quelques jours à peine.

N’oublions pas que le plan de rigueur en cours de 50M€ claironné par Gemalto a été mis en place pour répondre à la tempête boursière faisant suite à quatre profits warnings. Nous subissons juste les prévisions fantaisistes de nos dirigeants mais nous sommes encore extrêmement profitables.

Nous avons pour preuve le rassemblement annuel entre nos dirigeants et notre top management  (GMF : Gemalto Management Forum) qui se tiendra du 22 au 25 janvier 2018 à Evian. Rien n’est trop beau pour nos dirigeants, et les dépenses budgétées sont impressionnantes : suites à 500€ la nuit, apéritifs à 1000€, vins sélectionnés pour 3800€ tous les soirs, soirée au golf, etc. Tout cela pour un coût de 200 000€. A rajouter à cela les 300 000€ de frais de déplacement pour tous les tops managers du monde entier, cela ramène le coût de ce petit séjour à 500 000€.

Vous trouverez, pour plus de précisions, le détail des dépenses prévues <ICI>  et  <ICI>

Nous estimons que ces dépenses sont inacceptables dans cette période de rigueur.

En effet actuellement va se dérouler le licenciement de 39 de nos collègues de Netsize et des rumeurs récurrentes circulent sur un plan social sur l’ensemble de  Gemalto sans aucun démenti de nos dirigeants.

Il serait évidemment bien mal venu de vouloir encore toucher à nos emplois quand on voit comment nos dirigeants dépensent l’argent de la société et comment ils la dirigent.

La CFE-CGC demande l’annulation de ces dépenses et la mise en place d’une commission d’éthique composée de représentants du personnel sur les dépenses de nos dirigeants.

crédit  fotolia|Gajus

Gemalto, le moment du bilan est venu

Les résultats du premier semestre 2017 et les prévisions de fin d’année publiés aujourd’hui par Gemalto reprennent sans surprise les éléments du dernier profit warning de juillet.

Il est temps maintenant de tirer un bilan de l’équipe dirigeante qui reste fondamentalement la même depuis 10 ans. Ce n’est pas le passage en 2016 d’Olivier Piou du poste de CEO à membre du board et de Philippe Vallée de patron de BU à CEO qui a changé le profil de cette équipe qui reste dans son ensemble la même depuis 10 ans. L’expression « bonnet blanc, blanc bonnet » s’applique à merveille pour l’équipe dirigeante de Gemalto.

Leur point commun, leur fil conducteur, reste leur capacité à se rémunérer de plusieurs millions d’euros avec l’attribution et l’exercice d’actions gratuites, ce que nous avons dénoncé à plusieurs reprises, alors même qu’ils nous ont conduit dans une situation difficile aujourd’hui.

Voici quelques chiffres pour appuyer nos propos :

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Revenu (CA en M€) 1631 1680 1654 1906 2015 2246 2389 2465 3122 3127 3073
3,0% -1,5% 15,2% 5,7% 11,5% 6,4% 3,2% 26,7% 0,2% -1,7%
Profit en M€ 84 169,3 171 216 256 306 348 383 423 453 306
101,5% 1,0% 26,3% 18,5% 19,5% 13,7% 10,1% 10,4% 7,1% -32,5%
Trésorerie (Net Cash en M€) 314 344 381 255 309 353 449 493 -335 -67 50
Dividende versé par action 0,25 0,28 0,31 0,38 0,42 0,47 0,5
Cours de l’action (au 31/12)           80 €           68 €           55 €           55 €           43 €
Rendement de l’action 0,5% 0,6% 0,9% 0,9%

Où sont passés les 3 milliards d’euros de profits générés depuis 10 ans ?

  • Avec des dividendes très bas, les actionnaires n’en ont pas vraiment profités. Encore moins les salariés.
  • Est-ce dans nos acquisitions, alors même que nous avons une dépréciation de 425M€ et qu’elles n’expliquent pas à elles seules l’utilisation des 3 milliards d’euros de profits ?
  • Avons-nous fait des bonnes acquisitions ? A qui ont réellement profité ces 3 milliards d’euros ?

Le contexte de marché « défavorable » mentionné par P. Vallée, notamment sur la SIM et l’EMV n’était-il pas connu de tous depuis longtemps ?

Nos dirigeants ont beau nous expliquer que nous subissons une conjoncture inattendue, nous pensons surtout qu’il faut revoir drastiquement la composition de cette équipe avec des dirigeants orientés sur l’intérêt de notre entreprise et pas sur leur enrichissement personnel.

Nous demandons à nouveau que ces mêmes dirigeants aient l’honnêteté de restituer ces actions qu’ils n’ont absolument pas méritées.