plan social

Les dirigeants de Gemalto trompent leurs salariés

Après avoir répété que Gemalto allait mal et qu’un plan social était nécessaire, nos dirigeants continuent à toucher des sommes astronomiques en actions. Comme si l’expérience de l’échec les avaient rendus meilleurs et qu’il fallait les récompenser:

RSU Gemalto

source: https://www.trivano.com/aandeel/gemalto.837.insiders

Ce n’est malheureusement pas tout.

Vous trouverez ICI le contrat cadre de Gemalto concernant toutes les RSU (actions gratuites) distribuées.

Il en mentionné dans l’article 15.5 que les RSU seront automatiquement acquises (vested) en cas de prise de contrôle par une autre société, même si les conditions d’acquisitions (service, performance) ne sont pas encore remplies : nous nous retrouvons dans cette configuration dans le cadre de l’OPA.

Or on voit dans le rapport annuel des comptes 2017 (disponible sur https://www.gemalto.com/investors-site/Documents/2018/Annual-report-2017.pdf) un nombre impressionnant de RSU en attente d’acquisition :

 

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RSU 2017 dirigeants

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RSU 2017 Gemalto

Les RSU relatives au Plan All Stars pour tous les salariés de Gemalto représentent  653 310 unités. Tout le reste revient à nos dirigeants et à quelques cadres triés sur le volet. Les enjeux financiers sur ces RSU sont considérables: avec plus de 143 millions d’euros il semble que le rachat de Thales soit vraiment une très bonne opération pour nos dirigeants. Cela permet de bien comprendre quels ont été les facteurs de décision dans ce deal.

Interpellé par la CFE-CGC sur le plan social, Philippe Vallée avait rétorqué « c’est aussi dur pour vous que pour moi ». Avec sa prime de transfert sur Thales de 1M€, son futur salaire négocié de 800 000€ par an, ses dizaines de milliers de RSU qui vont se débloquer à la prise de contrôle de Thales et son dernier octroi d’actions de 1M€ début juin nous avons bien du mal à croire que les temps sont durs pour lui. Les personnes qui vont subir un licenciement sec avec le plan social ne bénéficient pas du tout des mêmes conditions et des mêmes égards.

Pour achever le tableau, bien conscients que la direction de Thales risquait de se débarrasser d’une équipe bien coûteuse et sous-performante, nos chers dirigeants ont négociés pour 60 d’entre eux une clause de prime allant de 12 à 18 mois de salaire s’ils étaient contraints au départ dans l’année suivant l’acquisition.

Espérons que la Direction de Thales prennent la mesure de tous ces excès et nous débarrasse de tout ça.