crédit Adobe Stock|Brian Jackson

Plan d’actions gratuites : le tour de passe-passe des dirigeants de Gemalto

200 millions d’euros. C’est peu ou prou la somme qui pourrait être perçue par les dirigeants de Gemalto dans le cadre de la vente des actions gratuites qu’ils détiennent. Une somme pour le moins confortable qui s’ajouterait à celles déjà perçues par Olivier Piou, ancien PDG de Gemalto parti en 2016, et Philippe Vallée, actuel PDG

(pour les visualiser, cliquez ici : https://www.trivano.com/aandeel/gemalto.837.insiders, Le site ne répertorie que les opérations boursières réalisées par les « initiés », c’est-à-dire à Gemalto le PDG et les dirigeants n-1. Les dirigeants n-2 n’apparaissent pas sur le site. Par exemple les opérations d’E. Unguran ne sont visibles que récemment suite à sa désignation comme patron du segment Telecom).

En effet, le contrat cadre Gemalto prévoit qu’en cas de prise de contrôle de l’entreprise par une autre société, toutes les actions gratuites faisant partie d’un plan encore en cours peuvent être immédiatement libérées, quand bien même les performances normalement liées à la revente de ces actions gratuites ne sont pas atteintes.

Pour mémoire, le 2 mars 2018, lors de la présentation des comptes 2017 de Gemalto, on dénombrait plus de 4 millions d’actions gratuites, réparties dans deux types de plans différents non échus. 1,5 million n’étaient plus exerçables du fait de la non-atteinte des performances. Il restait donc moins de 3 millions (2 819 758) potentiellement exerçables.

Quatre semaines après la publication des comptes, le 27 mars 2018, Thales a déposé auprès des autorités de marché son offre publique d’achat (OPA) de Gemalto. Considérant que grâce à cette future prise de contrôle, les actions gratuites pourraient être rapidement libérées, les dirigeants de Gemalto ont annoncé qu’il restait plus de 4 millions d’actions gratuites (4 294 490): celles du deuxième plan et celles du premier plan non échu. Et hop ! Un beau tour de passe-passe qui, à 51 euros l’action, représente 219 millions d’euros.

Face à cette décision du conseil d’administration: un actionnariat très diffus, qui n’a exercé aucune opposition. Les organisations syndicales, dont la CFE-CGC, ont, elles, fait immédiatement connaître leur mécontentement quant à cette décision. Un mécontentement qui a été balayé d’un revers de main par le conseil d’administration de Gemalto qui, pour seule réponse, a fait savoir que les actionnaires ne s’y opposaient pas et que cela ne coûtait rien aux salariés. Dans les faits, cela ne coûte effectivement rien aux salariés. Pour autant, cela coûte à l’entreprise. En effet, l’attribution d’actions gratuites, système plus avantageux que celui des stocks options, se fait soit par l’émission de nouvelles actions via une augmentation de capital, soit par le rachat, au préalable et par l’entreprise elle-même, des actions à attribuer gratuitement, dans le portefeuille d’actions existantes. Un achat qui peut ensuite être inscrit comme une charge dans les comptes de l’entreprise. C’est la pratique, certes légale, à laquelle Gemalto se livre et qui a coûté certaines années jusqu’à 30 millions d’euros à l’entreprise.

Des chiffres cinglants lancés à la face d’une partie des salariés qui s’est vu refuser l’attribution de la prime Macron qui, elle, n’aurait coûté qu’un million d’euros, charges incluses, à Gemalto…

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