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Un tiers des cadres de Gemalto France a déposé un recours aux Prud’hommes

Concernant le contentieux sur la part variable en 2016 (GIP), Me Mauger, l’avocat désigné par l’intersyndicale pour recourir contre Gemalto, a déposé lundi 18 mars 352 saisines au CPH (Conseil des Prud’hommes) de Marseille et 102 saisines au CPH de Boulogne-Billancourt. Quelques dossiers en attente de pièces complémentaires seront encore déposés cette semaine et seront joints à ceux de lundi.

Face à cette mobilisation historique des cadres de Gemalto SA, la CFE-CGC regrette encore que la direction de Gemalto n’ait pas accepté nos propositions de résolution amiable: cela aurait été la meilleure décision pour toutes les parties, surtout lorsqu’on voit le nombre de personnes qui ont exercé leur droit à recours.

Ce dépôt massif de recours aux tribunaux a largement été commenté par la presse : les Echos, l’Usine Nouvelle, le figaro.frCapital.fr, Zonebourse, etc

La CFE-CGC espère que cette couverture médiatique permettra à la direction de comprendre toute la mesure de sa position regrettable et de proposer au final une solution acceptable pour clore ce litige. Elle espère également que le sujet des parts variables sera abordé par la suite de manière plus large. En effet, contrairement à Gemalto, tous les cadres de Thales ont une part variable: la CFE-CGC ne voit pas comment la direction peut espérer une intégration réussie sans vouloir mettre ce sujet à l’ordre du jour des discussions.

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Rachat de Gemalto par Thales – Saison 1 – Ép.2 – Prime d’ancienneté : pas de sacrifice !

Dans le cadre du rachat de Gemalto par Thales, la prime d’ancienneté fait partie des sujets qui seront discutés et défendus. Chez Gemalto, cette prime perçue par les salariés est calculée à partir du salaire brut réel. Chez Thales, elle est calculée à partir du minimum conventionnel, ce qui est moins favorable aux salariés.

Rappelons-le : l’accord Groupe Thales ne s’applique pas automatiquement aux entreprises rachetées. En d’autres termes et dans un premier temps, le calcul de la prime d’ancienneté perçue par les salariés de Gemalto ne changera pas. En revanche, le sujet sera discuté et l’accord Gemalto qui régit ce calcul sera tôt ou tard dénoncé. La CFE-CGC ne sacrifiera pas une partie de la population de Gemalto, en l’occurrence les salariés non-cadres, pour bénéficier d’un accord Groupe Thales puisque cette prime touche la structure même de leur rémunération mensuelle. Nous demanderons donc au Groupe Thales, ouvert à la discussion, ce qu’il a accepté de faire lors d’autres rachats d’entreprises : adopter le mode de calcul le plus favorable aux salariés, en l’espèce celui qui s’applique aujourd’hui chez Gemalto ou mettre en place un rattrapage de salaire. Quelle que soit la solution, les salariés n’en sont pas sortis perdants.

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La CFE-CGC ne signe pas l’accord sur la prime Macron

Les négociations du 31 janvier avec la direction de Gemalto sur la prime Macron ont commencé par un chantage à la signature. Ainsi, la direction a fait savoir aux organisations syndicales qu’elle prévoyait, en l’absence d’accord, une prime de 500 € pour tous les salariés qui ont gagné moins de 53 945 € brut en 2018. Une méthode que dénonce la CFE-CGC et qui a abouti à la non-signature de la CFE-CGC de l’accord sur la prime Macron

Pour savoir si un salarié est concerné, il faut regarder la valeur de la ligne « accidents du travail – maladies professionnelles » sur ses 12 bulletins de salaire 2018 et les additionner.

En cas de temps partiel, le montant annuel doit être ramené en équivalent temps plein. Cela pose quelques difficultés sur certains sites pour le personnel qui ne travaille que le week-end. En effet, le salaire de base de ce dernier est faible mais avec les primes de week-end et le calcul en équivalent temps plein, ils ne sont plus éligibles.

La position de la CFE-CGC était d’obtenir une prime pour tous les salariés. Le fait qu’elle soit fiscalisée différemment selon le montant du salaire n’est pas du ressort de l’employeur. La CFE-CGC souhaitait un message positif adressé à l’ensemble des salariés. Compartimenter l’attribution de cette prime a comme conséquence de séparer des salariés qui font pourtant partie de la même communauté de travail. De plus, un seuil brutal à 53 945 € qui détermine si oui ou non un salarié a droit à la prime n’a rien de social.

Cette prime a été créée en urgence par le gouvernement fin 2018 pour répondre aux événements des gilets jaunes qui ont cours depuis le 17 novembre. Le dispositif est intéressant mais est loin d’être socialement parfait. Il restait donc à l’améliorer dans les entreprises. Plusieurs grandes entreprises l’ont d’ailleurs bien compris comme Total qui a versé 1500 € à tous ses salariés.

La négociation a été quasiment impossible toute la journée. La direction n’a consenti aucune modification d’assiette ou de modalités de distribution de la prime. Sa seule ligne de conduite a été d’obtenir une signature en faisant miroiter l’avantage que certains salariés (ceux en-dessous du seuil des 53 945 €) pourraient obtenir par rapport à une décision unilatérale soit 650 € au lieu de 500 €.

La CFE-CGC a juste obtenu que les personnes en arrêt maladie ne soient pas exclues du dispositif en rappelant le caractère discriminatoire du fait de leur état de santé.

Contrairement aux négociations NAO où des compromis sont apparus, cette réunion sur la prime Macron a fait ressortir les vieilles méthodes déplorables des RH de Gemalto. Signer dans ces conditions n’aurait fait qu’encourager la direction dans ce sens.

Trois organisations syndicales ont donc signé l’accord arguant du fait que « 650 € c’est mieux que 500 € ». Si la valeur ajoutée syndicale devait se résumer à ce principe alors un simple algorithme mathématique pourrait facilement remplacer les syndicats : c’est peut-être ça le nouveau monde digital rêvé par Gemalto.

objectif

Gemalto fixe des objectifs inatteignables à ses salariés

Les salariés soumis à part variable reçoivent en ce moment leurs objectifs annuels.

Il était plus qu’évident pour tout le monde que les objectifs seraient en ligne avec la dernière annonce de profit warning de Gemalto.

C’est tout le contraire : Gemalto décide de fixer comme objectif d’atteindre 500M€ de profits alors que notre CEO, Philippe Vallée, vient d’annoncer 450M€.

Il est pourtant de jurisprudence constante que les objectifs de prime doivent être réalisables. Gemalto se moque de ses salariés et compte sur les lenteurs de la justice pour ne pas remplir ses obligations.

C’est une deuxième déconvenue après les augmentations salariales au plus bas annoncées en janvier.

Alors que Gemalto a besoin d’un nouvel élan, ses dirigeants ne misent plus sur leurs salariés.

Il s’agit clairement d’une attitude de voyous et la CFE-CGC va décider avec les salariés des mesures à prendre.